Réforme du « Sal Klita »
À partir de janvier 2025, une nouvelle mesure impactera les Juifs souhaitant faire leur aliyah en Israël. Selon le projet de loi proposé par le ministère des Finances, seuls les nouveaux immigrants disposant d’un patrimoine inférieur à 500 000 shekels...

À partir de janvier 2025, une nouvelle mesure impactera les Juifs souhaitant faire leur aliyah en Israël. Selon le projet de loi proposé par le ministère des Finances, seuls les nouveaux immigrants disposant d’un patrimoine inférieur à 500 000 shekels (environ 120 000 euros) pourront bénéficier du **Sal Klita**, un soutien financier essentiel pour les premiers mois d’intégration en Israël. Les candidats ayant un patrimoine supérieur à ce seuil seront écartés de cette aide, en échange d’une augmentation de 10 % du montant alloué pour ceux qui y sont éligibles.
Le Sal Klita et son importance
Le Sal Klita, institué en 2002, est une allocation versée aux immigrants durant les six premiers mois de leur arrivée en Israël, couvrant une partie de leurs frais de vie et leur permettant de suivre des cours d’hébreu. Par exemple, une personne seule reçoit environ 20 491 shekels, tandis qu'un couple avec deux enfants perçoit environ 60 000 shekels. Ce soutien est versé en plusieurs fois, à partir de leur arrivée à l'aéroport, et déposé sur leur compte bancaire.
Avec l’augmentation récente de l'antisémitisme mondial et la guerre en cours, de nombreuses familles juives cherchent à rejoindre Israël pour y trouver un refuge sécurisé. Cependant, cette nouvelle disposition législative pourrait freiner cet élan, en particulier pour les candidats à l’immigration disposant de moyens financiers moyens ou élevés.
Une décision controversée et des réactions fortes
Cette initiative a suscité un vif débat au sein de la Commission de l'Aliyah, de l'Intégration et de la Diaspora de la Knesset. Le président de la Commission, le député Oded Forer, s’est opposé fermement à cette proposition, déclarant que l’aliyah est un investissement dans la croissance d’Israël. Selon lui, restreindre l'accès au Sal Klita revient à isoler Israël d’une diaspora juive qualifiée et financièrement stable, dont l'intégration pourrait enrichir le pays.
Les représentants de plusieurs organisations d'aliyah, dont l’Agence Juive et l’organisation Kéaliata pour les immigrants de France, partagent cette opposition. Ariel Kendel, directeur de Kéaliata, a souligné que peu de familles occidentales ont un patrimoine inférieur à 120 000 euros. Selon lui, Israël doit redéfinir le seuil d’éligibilité à environ 2 millions d’euros pour ne pas décourager les immigrants potentiels. Cette proposition est perçue comme une mesure dissuasive pour les familles juives disposant d'un capital modeste à modéré, en particulier celles d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord.
Un frein aux ressources pour les nouveaux arrivants
Les opposants à cette réforme font valoir que l’aide financière du Sal Klita est un investissement à long terme dans l'économie israélienne. Réduire cette aide pour des motifs budgétaires constitue, selon eux, une erreur stratégique qui pourrait priver le pays d’une source de talents et de capital humain essentiels. En outre, la restriction de cette aide ne générerait qu’une économie annuelle de 100 millions de shekels pour l'État.
De leur côté, les partisans de cette réforme, comme la représentante du ministère des Finances, Tair Rabochin, affirment qu’il est essentiel de diriger les ressources vers les immigrants les plus nécessiteux. Ils estiment que les immigrants financièrement solides peuvent subvenir à leurs besoins sans le soutien de l'État, ce qui permettra de réduire le déficit budgétaire du pays.
Conclusion
La réforme du Sal Klita soulève des questions cruciales quant à l’orientation de la politique d'immigration israélienne. Le projet, bien qu’envisagé dans un contexte de réduction des dépenses publiques, pourrait signifier un tournant dans la perception de l'aliyah, la transformant d’un droit universel pour tous les Juifs à un privilège réservé aux plus démunis. Cette décision pourrait affecter non seulement l'aliyah, mais également l’image d’Israël en tant que refuge pour tous les Juifs, quel que soit leur patrimoine.